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Jeudi 31 janvier 2008
Introduction


Au début du Discours de la Méthode, Descartes constate l’insuffisance de l’éducation qu’il a reçue : il en attendait des « connaissances utiles à la conduite de la vie » et il découvre que ses professeurs ne sont pas d’accord entre eux.

Ces querelles sont l’indice que les professeurs n’ont pas atteint la vérité sur les questions qui les animent car s’ils connaissaient la vérité, ils tomberaient d’accord. La vérité, valable pour tous, est universelle : tout le monde s’accorde sur elle (« 2+2=4 », « la Terre est ronde », « le 10 octobre 2007, à onze heures, à Orléans, il fait beau »). En cela, elle se distingue des opinions contradictoires, querelleuses, plurielles ; la vérité, au contraire, est cohérente, pacifiante, une. Aussi est-elle beaucoup plus utile à la conduite de la vie que nos opinions et nous avons intérêt à la chercher.

La difficulté cependant apparaît bientôt : du fait même qu’elle est universelle, la vérité s’impose à nous avec une puissance implacable. En tant que philosophes, en tant que scientifiques, en tant qu’être humains sensés, il nous paraît difficile de tenir à des croyances que nous savons fausses. La vérité borne notre liberté de penser. Lorsqu’elle est choquante, dérangeante, vertigineuse (par exemple, homogénéité et infinité de l’univers selon Giordano Bruno), lorsqu’elle va à l’encontre des préjugés de notre époque, nous pouvons vouloir refuser de l’entendre, nous pouvons lui préférer le confort de nos habitudes de pensée contre ses blessures nous pouvons aller jusqu’à la mauvaise foi, jusqu’au mensonge, jusqu’au fanatisme. Giordano Bruno périt sur le bûcher en 1600.

Suite du cours sur la vérité.
par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Terminales STL PLPI 2007-2008
 
 
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