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proposition de sujet:
Existe -il une norme du goût?
Chère Violaine,
j'espère que tu trouveras quelques pistes de réflexion dans le cours sur "La diversité des goûts", disponible en ligne sur le blog, dans la partie II (ésthétique).
A bientôt,
J.
Chère monsieur bonjour et merci d'avoir pris la peine de me répondre. je suis en effet aller jeter un coup d'oeil à votre cours qui m'a beaucoup éclairé. je voudrais cependant vous faire part d'un texte qu e j'ai trouvé sur un site analogue au votre et qui ,il me semble, porte sévérement atteinte à la thèse de Hume à laquelle vous paraissez adhérer. Je ne sais si ce sentiment viens de ma mécompréhension des critères que hume utilisent pour définir la norme du goût et j'aimerais beaucoup avoir votre avis.
Merci à l'avance
"C'est avec une bonne raison que je prétends avoir un jugement sur les vins : c'est là une qualité héréditaire dans notre famille. Deux de mes parents furent une fois appelés pour donner leur opinion au sujet d'un fût de vin, supposé excellent parce que vieux et de bonne vinée. L'un d'eux le goûte, le juge et, après mûre réflexion, énonce que le vin serait bon, n'était ce petit goût de cuir qu'il perçoit en lui. L'autre, après avoir pris les mêmes précautions, rend aussi un verdict favorable au vin, mais sous la réserve d'un goût de fer qu'il pouvait aisément distinguer. Vous ne pouvez imaginer à quel point tous deux furent tournés en ridicule pour leur jugement. Mais qui rit à la fin ? En vidant le tonneau, on trouva en son fond une vieille clé, attachée à une lanière de cuir. "
Critique de Hume
Genette estime que dans l'exemple choisi par Hume, ce dernier opère une confusion entre le fait et la valeur. Que prouve en effet cette anecdote ? Qu'un expert bien formé peut déceler n'importe quel goût élémentaire. Il s'agit d'une analyse objective des sensations. Mais en quoi cela correspond-il à un jugement d’évaluation ? Être le plus à même de déceler un goût de framboise ou de genièvre dans un vin, c’est très bien. Mais ce n'est nullement équivalent au fait d'être le plus à même de dire s'il est bon ou s’il est mauvais. Car on peut aimer le goût de framboise ou ne pas l'aimer, et il en va de même de n'importe quel autre goût élémentaire. À la limite, l'expert est comparable à un chimiste capable de donner la formule correspondant à un parfum. En aucun cas, cela ne lui confèrerait une supériorité quelconque pour affirmer si ce parfum est agréable ou non.
Toute l'astuce de l'anecdote rapportée par Hume repose sur ce que le goût observé est étranger au vin et donc dénature son goût. En sorte que repérer le goût de fer ou de cuir, c'est découvrir un défaut du vin. L’analyse objective d’un fait, dans cet exemple précis, permet de déterminer une valeur, de légitimer une appréciation négative. Soit. Mais à cela on peut objecter avec Genette qu’un tel exemple est complètement exceptionnel : les œnologues dégagent les goûts constituants des vins et il est rare que l'on y trouve un goût étranger. De plus, même la présence d'un goût étranger n'est pas forcément négative pour le goût : on sait bien que le fait de mettre un vin à vieillir dans un tonneau d'un certain bois peut contribuer, pour certains mais pas pour tous, à améliorer son goût. C’est ici purement subjectif : on aime ou l’on n’aime pas le goût boisé. Imaginons ainsi que quelqu’un, pour d’obscures raisons liées à sa physiologie ou à son passé, aime le goût de fer ou le goût de cuir, ce qui est parfaitement possible et légitime. Le vin dont parle Sancho lui paraîtrait tout à fait délicieux…
En conséquence, nous devons accorder à Genette que l'exemple de Hume est sophistique. Il ne permet nullement de fonder une quelconque légitimité des experts en matière de goût. De même en peinture, ce n'est pas forcément parce que l'on connaît toute l'histoire de la peinture et que l'on peut reconnaître tous les symboles présents dans une peinture allégorique que l'on est forcément le plus à même de l'apprécier.
Je replace ton commentaire derrière l'article "élaboration de la norme du goût", où il sera plus à a place, et j'y réponds.
J.
Une bonne idée de sujet de dissertations pour vous qui avez les pieds sur terre : Peut on vivre heureux dans le rêve?
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