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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Concurrence - annexe au cours sur la justice

Parenthèse sur la concurrence.

Pour Platon, nocif. Toute lutte provient d’une injustice, toute injustice produit une lutte. MILL, Adam SMITH, J.-Baptiste SAY, David RICARDO : la théorie du marché. Trois conditions :
L’isolement stratégique des agents (pour éviter le boycott comme Danone ou Total)
La parfaite information des agents (pour évaluer la qualité-prix)
Le volume des transactions infiniment inférieur au volume total (sinon poids indu d’un agent).
Vertus : équilibre, harmonie, offre crée sa propre demande, progressiste.


I/ La concurrence idéale n’existe qu’en théorie.
Réunir les conditions paraît difficile ; surtout la n°2 (Peugeot bonne sur de longues distances et Fiat bonne sur de courtes distances ; je suis VRP, j’achète la Peugeot, et deux mois plus tard je suis licencié) ; par ailleurs, pas sûr que les conditions ne soient pas mutuellement compatibles (comment être parfaitement informé tout en étant parfaitement isolé ?).

ARROWS (1972) : théorème d’impossibilité : on ne peut déduire depuis les comportements individuels des comportements collectifs (sauf cas de dictature). On ne peut déduire des propriétés macroéconomiques (la main invisible) de comportements microéconomiques.
AMARTYA SEN (1998) glose et confirme.

DEBREU (1983) et Sonneschein : prolongent Arrows : Il n’est pas possible de déduire une loi économique normale à partir de comportements individuels normaux. Un système de prix justes peut émerger à partir de n’importe quels comportements loufoques ou aberrants. Il n’existe pas de main invisible.

SMITH et KAHNEMAN (2002) : les agents ne sont ni omniscients, ni rationnels.

On ne peut pas satisfaire la condition n°2.

II/ LES MARCHES CONCURRENTIELS D’INFORMATION IMPARFAITE
Le marché donne alors systématiquement de mauvais résultats, et souvent le pire résultat.

NASH (1994) et le dilemme du prisonnier.
        A        T            Ayant toujours intérêt à avouer, Riri
A        10-10        20-0            Et Loulou avouent tous deux : le plus
T        0-20        2-2            mauvais résultat possible.

AKERLOF, SPENCE, STIGLITZ (2001) : le marché des vieilles voitures (examiné par Akerlof dès 1970). Vendeur bon est prêt à descendre à 175 mais affiche 220 ; mauvais vendeur prêt à descendre à 120 mais affiche 160 ; acheteur prêt à mettre 180 pour bonne voiture, 140 pour mauvaise voiture. Il propose une offre médiane à 160.
Résultat : l’acheteur se fait avoir ; l’escroc gagne 40 et fait monter l’inflation ; le bon vendeur est éliminé ; les vieilles voitures continuent de circuler et augmentent le nb d’accidents.
Comparer avec solution de coopération.
Autres exemples : l’assurance du jeune conducteur ; la bourse ; les haricots verts.

D’où le cri général : la Transparence !
Ah oui ? Imaginons un instant la transparence. Un produit quelconque : on connaît exactement le mode de fabrication, donc n’importe quel concurrent peut copier, et on sait également quelle est la part de profit, donc le concurrent peut vendre moins cher ; résultat : tout le monde vend à prix coûtant. Impossible de faire du profit dans un système transparent. Il faut de l’opacité, du secret, du brevet, des recettes…

Conclusion :
SEN, avant son Nobel en forme d’abjuration : « Ce n’est pas la théorie qui est fausse, c’est la réalité. »
FRIEDMAN (1976) refuse tout débat sur les hypothèses, comme si Harvey refusait de discuter sur la circulation.
PARETO : L’économie n’est qu’une vaine tentative de raconter la psychologie.
MARSHALL : Si je devais revivre, je ferais de la psychologie
ALLAIS (1988) : On ne peut rien prédire (+ citation p. 47). Tous les chiffres dont on nous abreuve sont de pures chimères.
ARROWS : « Demander à un économiste de prévoir avec précision le prix de l’énergie à la fin de l’année revient à demander à un spécialiste de l’évolution quelle est la prochaine espèce qui va évoluer. »
HICKS (1972), MYRDAL et HAYEK (1974), STIGLITZ (2001) et même SEN refusent les mots « science économique ».
Conclusion exacte : concurrence peut-être valide dans un marché parfait ; mais dans la réalité, dans les marchés d’information imparfaite, la concurrence donne de terribles résultats. Les deux seuls qui y ont encore cru : MERTON & SCHOLES (1997) : LTCM (hedge-fund) supposé « surmonter » l’incertitude boursière. Mise de départ : 3 milliards de $ ; faillite terrible de plusieurs centaines de milliards de $.
Attention : il s’agit ici des conséquences économiques du marché ; pas des conséquences politiques. On peut être libéral : c’est un choix, une croyance, une idéologie ; mais ce n’est pas une science. Seuls des gens naïfs, mal informés ou très mal intentionnés peuvent continuer à dire le contraire et accréditer une théorie que les spécialistes ruinent depuis 30 ans.
« Si ça ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de libéralisme ». Même argument pour les cocos sous Mao ; LIPSEY et LANCASTER (en 1956) : on ne peut pas aller à petits pas vers la concurrence. Dans un pays à trois monopoles, on en supprime un, on se trouve plus loin de la concurrence. Créer de la concurrence est un acte politique que ne justifie aucun raisonnement économique.
GROSSMAN et STIGLITZ : un mécanisme de marché ne peut jamais améliorer le fonctionnement du marché ni ne crée jamais « plus » de marché.


Retour au cours sur la justice.
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