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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Lettre aux parents d'élèves de TS

Chers parents,

Bienvenue dans le Labyrinthe - initiative qui, je l'espère, recevra votre agrément malgré son apparent « jeunisme ». La création d'un site Internet de philosophie présente, à mon sens, plusieurs avantages pédagogiques décisifs :

- Pour les élèves, il s'agit d'un outil pédagogique aussi complet que possible, qui résout bien des situations jadis épineuses. Par exemple, dans la mesure où le cours est en ligne (près des trois quarts du programme sont déjà disponible, et j'espère achever ce travail cette année), un élève malade désireux de rattraper le cours n'a pas à s'en remettre aux notes, toujours partiales, d'un camarade. Les conseils de méthode et les corrigés des devoirs, également mis en ligne, me font gagner de précieuses heures de cours en classe, qui pourront être employées de manière plus intéressante.

- Pour vous, et dans le droit fil de la politique du ministère nous conseillant une meilleure concertation avec les parents d'élève, le site vous permet d'abord, par le cahier de textes, de suivre le travail demandé. Par ailleurs, si ce que votre enfant vous rapporte de mon cours vous paraît douteux ou contestable, vous pouvez vérifier vous-même le contenu de mes propos. Pour toute question, n'hésitez pas à m'envoyer un email (jerome.philo chez free.fr) – mais accordez-moi quelques jours de délai pour répondre, car je suis parfois trop occupé pour consulter ma boîte (en période de corrections de copies, par exemple).

La contrepartie de ces avantages est claire : il est souhaitable que vos enfants disposent d'un accès à Internet - je ne dis pas d'un accès « illimité », entendons-nous, mais dans la mesure où le travail à effectuer figure sur le site, il vaut mieux que les élèves puissent en être informés.

*

Le défi pédagogique du programme de philosophie en série scientifique (consultable sur le site du Ministère) se résume en quatre chiffres : 90 heures de cours annuelles réparties en 30 semaines, 19 notions à examiner, 57 auteurs à présenter. Ces ambitions encyclopédiques excèdent les forces des meilleurs. Aussi le BO laisse-t-il une grande latitude à l'enseignant dans la préparation de son cours :  « L'ordre dans lequel les notions sont abordées [...] relève de la liberté philosophique et de la responsabilité du professeur ». Comme le sommaire vous le confirmera, j’organise le mien en quatre parties principales :

- la philosophie du sujet autour du problème de la conscience, voie d’accès assez aisée à la philosophie : puisque les apparences se distinguent de la réalité, de quoi pouvons-nous être assez certains pour conduire notre vie ? voir par exemple le film « Matrix » qui a popularisé ce problème ;

- l’esthétique : théorie de l’art et du beau, traitée en début d’année pour que des élèves à la culture générale lacunaire puissent la compléter par eux-mêmes, guidés par des lignes directrices tracées en classe ;

- l’épistémologie : théorie de la connaissance rationnelle et du vrai, morceau abstrait et technique du cours, mais évidemment de première importance pour des S et pour les STL ;

- enfin le politique : étude polémique de la morale, de l’éthique et des questions de société sur lesquels les élèves ont déjà, le plus souvent, réfléchi par eux-mêmes, ce qui permet de finir sur une note moins ardue, et de laisser plus de temps pour les révisions.

Tout au long de l’année, nous cheminerons avec les élèves de S dans l’excellente compagnie de Bertrand Russell, logicien et mathématicien de génie, figure majeure de la philosophie analytique, prix Nobel de la paix : ses lumineux Problèmes de philosophie (traduction de François Rivenc, éditions Payot) éclaireront de nombreuses notions, et seront retenus comme œuvre intégrale à étudier sur l’année. Bien entendu, je procéderai dans le cours à la présentation d’autres œuvres – par exemple le Banquet et la République de Platon, le Prince de Machiavel ou encore la Critique de la raison pure de Kant.

Le cours se complète, en introduction, par un examen du problème du langage parce que, à l’évidence, toute science, toute philosophie, toute littérature, tout conseil de classe, tout dossier de prépa, se présentent comme des recueils de textes ou de paroles, et qu’il convient de vérifier si l’outil linguistique mérite effectivement qu’on s’y fie ; et en conclusion, par un chapitre sur la philosophie elle-même, car il messiérait au professeur de philo, après un examen critique de l’activité des psychologues, des artistes, des ouvriers, des savants, des politiciens, de se soustraire à cette même critique et de s’en tirer à trop bon compte.

*

Deux idées reçues appellent, de la part de l’enseignant en philosophie, une prise de position claire et nette. Première idée reçue : la philo, au bac, est une « loterie » qui dépend entièrement du correcteur. C’est faux. On constate qu’entre la note à l’épreuve et la note figurant dans le dossier de l’élève, l’écart n’excède deux points que dans 5% des cas - ce qui correspond aux "accidents » des élèves trop stressés, ou soudain transcendés par l'épreuve (il existe aussi des accidents heureux). La grande homogénéité de notation entre les correcteurs se renforce encore lors des commissions d'harmonisation pendant lesquelles nous échangeons nos impressions et délibérons sur les copies difficiles à évaluer. Soulignons-le avec force : la note ne dépend aucunement de la couleur politique ou religieuse du contenu : un professeur croyant peut accorder une note excellente à une copie athée ; un correcteur d’obédience marxiste peut couronner une dissertation d’inspiration conservatrice. Cela pour une raison très simple : la copie de philosophie ne constitue pas un contrôle d’érudition, encore moins un exposé des opinions, mais bien un exercice de réflexion. Nous évaluons en partie la connaissance du programme, mais en partie seulement : on peut écrire une excellente copie sans citer d’auteur (c’est quand même rare). Plus de la moitié de la note juge la rigueur du raisonnement, la précision de la pensée, l’exactitude des nuances, la pertinence des exemples, le sens de l’observation etc. D’où une importante conséquence a contrario : des mauvaises notes répétées en philosophie indiquent un réel problème de réflexion chez l’élève. Un élève qui raisonne juste ne descend pas, sauf accident grave, en dessous de 05/20. Si tel est le cas pour votre enfant, vous devriez vous en alarmer et prendre contact avec l'enseignant.

Deuxième idée reçue : la philo est une discipline où il suffit de « discuter », et qu’on peut s’abstenir de réviser. Ce conseil stupide provoque la moitié des échecs à l’examen parce que les copies inspirées par ce précepte, loin de toute réflexion, exposent des opinions ; or la philosophie commence justement par la mise en question des opinions et leur dépassement. Aussi l’épreuve exige-t-elle une rigueur et une honnêteté intellectuelles au moins égales à celles requises en sciences : ne nous étonnons donc pas qu’une foule de philosophes (Russell, mais aussi Kant, Descartes, Leibniz, Pascal, Platon, entre autres) excellaient aussi en mathématiques, en logique ou en physique.

Une année suffit à peine pour découvrir notre « discipline », au sens propre de ce terme. Non seulement mémoriser régulièrement le cours s’avère indispensable, mais encore il convient de s’en emparer, de le méditer, de l’approfondir par des apports individuels (exemples nouveaux, lectures personnelles, rapprochements avec d’autres disciplines etc.). Je m’emploie à faciliter ce travail par une demande régulière de devoirs-maisons (un par mois à peu près), mais aussi, aussi souvent que possible, de fiches de lecture ou d’analyses de sujets. Ce travail régulier est vérifié en classe, et peut faire l’objet d’une note orale. Le travail doit représenter au moins une heure de préparation par heure de cours (sans compter la préparation des devoirs-maison) – cela au début de l’année, en tous cas (l’habitude facilite l’exercice).

Souhaitant à vos enfants une excellente réussite en juin, je vous prie de recevoir l'expression de ma plus haute considération.

J. C.-A.

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