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Jeudi 31 janvier 2008
Mercredi 03 octobre 2007
Une heure de cours consacrée à l'événement survenu vendredi 28 septembre.
Une heure consacrée au corrigé de la question : "Puis-je dire que je contrôle mes actes ?"

A faire pour la séance du 10 octobre : lire attentivement la première partie du Discours de la méthode de Descartes.

A faire pour la séance du 24 octobre : traiter un des trois sujets au choix, sur une copie volante.

Peut-on dire que le vrai est ce qui réussit ?

La liberté peut-elle se définir comme l'obéissance à la raison ?

Texte d'Alain :
Penser n'est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et ceux-là même qui semblent débarrassés de toute religion, cherchent dans les sciences quelque chose qu'ils puissent croire. Il s'accorchent aux idées avec une espèce de fureur ; et si quelqu'un veut les leur enlever, ils sont prêts à mordre [...]. Lorsque l'on croit, l'estomac s'en mêle et tout le corps est raidi ; le croyant est comme le lierre sur l'arbre. Penser, c'est tout à fait autre chose. On pourrait dire : penser, c'est inventer sans croire. Imaginez un [...] physicien, qui a observé longtemps les corps gazeux, les a chauffés, refroidis, comprimés, raréfiés. il en vient à concevoir que les gaz sont faits de milliers de projectiles très petits qui sont lancés vivement dans toutes les directions et viennent bombarder les parois du récipient. Là-dessus, le voilà qui définit, qui calcule ; le voilà qui démonte et remonte son "gaz parfait" comme un horloger ferait pour une montre. Eh bien, je ne crois pas du tout que cet homme ressemble à un chasseur qui guette une proie. Je le vois souriant, et jouant avec sa théorie, je le vois travaillant sans fièvre et recevant les objections comme des amies ; tout prêt à changer ses définitions si l'expérience ne les vérifie pas, et cela très simplement, sans gestes de mélodrame. Si vous lui demandez : "Croyez-vous que les gaz soient ainsi ?" il répondra : "Je ne crois pas qu'ils soient ainsi, je pense qu'ils sont ainsi."
Questions :
1) Autour de quelle opposition le texte est-il bâti ? Mettez en évidence le mouvement de la pensée de l'auteur en indiquant les articulations logiques de l'extrait.
2) Expliquez l'expression : "le croyant est comme le lierre sur l'arbre".
3) Expliquez l'expression : "penser, c'est inventer sans croire".
4) Vous traiterez la question suivante sous forme d'un développement ordonné et argumenté : en quoi le travail du scientifique peut-il s'apparenter à un jeu théorique ?

Mercredi 26 septembre 2007
Suite du cours sur la liberté : Freud et la psychanalyse, ici, ici et ici.


Mercredi 19 septembre 2007
Suite du cours sur la liberté.

A faire pour la séance du 26 septembre : examiner la question : "Puis-je dire que je contrôle mes actes ?" Sur une copie volante, répondre aux quatre questions suivantes :

1) Définir les mots importants de la question (être aussi précis que possible).
2) Face à cette question, votre première réponse serait-elle "oui" ou "non" ? Pourquoi ? Donnez un argument ("oui, parce que..." ou "non, parce que...").
3) Prenez la réponse contraire à celle que vous avez donnée à la réponse 2. Si vous deviez soutenir cette réponse et la justifier, que diriez-vous ? Donnez un argument.
4) Observez les réponses 2 et 3 que vous avez données. Elles s'affrontent l'une l'autre. Pourquoi cette querelle pose-t-elle un problème ? Indiquez au moins une situation de la vie courante où le problème se pose de manière aiguë et urgente.

Mercredi 12 septembre 2007
Suite du cours sur la liberté.

A faire pour la séance du 19 septembre : lire le texte de Thomas Hobbes ci-dessous et répondre sur une copie volante aux quatre questions qui suivent.

Si deux hommes désirent la même chose alors qu'il n'est pas possible qu'ils en jouissent tous les deux, ils deviennent ennemis ; et [...] chacun s'efforce de détruire ou de dominer l'autre. Et de là vient que , là où l'agresseur n'a rien de plus à craindre que la puissance individuelle d'un autre homme, on peut s'attendre avec vraisemblance, si quelqu'un plante, sème, bâtit, ou occupe un emplacement commode, à ce que d'autres arrivent tout équipés, ayant uni leurs forces, pour le déposséder et lui enlever non seulement le fruit de son travail, mais aussi la vie ou la liberté. Et l'agresseur à son tour court le même risque à l'égard d'un nouvel agresseur. Du fait de cette défiance de l'un à l'égard de l'autre, il n'existe pour nul homme aucun moyen de se garantir qui soit aussi raisonnable que le fait de prendre les devants, autrement dit de se rendre maître, par la violence ou par la ruse, de la personne de tous les hommes pour lesquels cela est possible, jusqu'à ce qu'il n'aperçoive plus d'autre puissance assez forte pour le mettre en danger. Il n'y a rien là de plus que n'en exige la conservation de soi-même, et en général on estime cela permis. [...] Il apparaît clairement par là qu'aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun.

Questions :
1) Dégagez l'idée principale du texte.
2) Expliquez la phrase : "Et l'agresseur à son tour court le même risque à l'égard d'un nouvel agresseur."
3) Expliquez la phrase : "aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre".
4) Partagez-vous l'analyse de Thomas Hobbes ? Proposez au moins trois arguments.


Mercredi 5 septembre 2007
Prise de contact. Première approche concernant la philosophie. Brève présentation de l'épreuve au baccalauréat. Conseils relatifs à la réflexion. Début du cours sur la liberté.

A faire pour la séance du 12 septembre : examiner la question : "la liberté est-elle inhérente au vivant ou les corps sont-ils déterminés ?"


par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Terminales STL BGB 2007-2008
Samedi 22 septembre 2007
II. Notre pensée est-elle libre ?


On peut soutenir avec Thomas Hobbes (XVII) que notre pensée dans l’état de nature est contrainte par nos instincts, nos désirs et notre agressivité. Comme des animaux soumis à leurs réflexes, nous ne pouvons ni adhérer à ces contraintes ni les transgresser : la fatigue, la faim, la soif, s’imposent à nous et nous devons les satisfaire.
Mais dans l’état civil, où les instincts sont régis par la loi et encadrés par le pouvoir du souverain, la pensée non plus n’est pas libre puisqu’elle doit tenir compte de la loi. Néanmoins, il est possible d’adhérer aux obligations légales (on peut être d’accord avec la loi). De surcroît, nous avons le pouvoir de transgresser l’obligation (violer la loi).
Descartes, quant à lui, soutient au contraire que la pensée est libre par nature. Elle peut en effet examiner une opinion (un préjugé, une idée, une… pensée), la mettre en doute, la vérifier.
laurenmirror---halftone-pattern.jpgSi la vérification confirme l’opinion initiale, celle-ci acquiert le statut de connaissance. Si au contraire la vérification infirme l’opinion initiale, celle-ci est dénoncée comme fausse. Ce processus par lequel la pensée doute d’elle-même, se prend elle-même pour objet, se questionne, s’appelle la réflexion (photographi (c) Hopper).
Toute réflexion porte avec elle une dimension critique, caractéristique de l’esprit : parce qu’il n’est pas enfermé dans le formatage de l’éducation, parce qu’il peut le critiquer, l’esprit est libre par nature.

Question pour la prochaine séance : puis-je dire que je contrôle mes actes ?

par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Terminales STL BGB 2007-2008
Vendredi 14 septembre 2007

I.  Déterminisme des corps, liberté du vivant ?


reinette.jpgLes corps matériels (pierre, vêtements, meubles...) obéissent à la loi des chocs : ils reçoivent leur mouvement de l'extérieur et le poursuivent selon la loi de l'inertie.  Ils sont inertes. Au contraire, les corps vivants (végétaux, animaux, humains) possèdent  un tonus : une énergie intérieure qui leur ouvre un choix de déplacement. Il paraît évident que les simples corps n'ont pas la liberté : ils sont contraints.

Mais les êtres vivants ne possèdent pas la liberté au même degré. Une plante ne se déplace pas autant qu'une grenouille et une grenouille ne  présente pas la même diversité de comportement qu'un être humain (ci-contre, photographie (c) Sylvia Lorrain et Marc Boulay, Hox). L'humain semble plus "libre" que les autres êtres vivants dans la mesure où il possède une faculté de décision rationnelle tandis que les animaux restent soumis à leurs instincts et à leurs réflexes. De là, des questions gênantes nous sont renvoyées, à nous, humains : dans quelle mesure sommes-nous somis à nos réflexes animaux, à nos besoins vitaux, à nos pulsions (sexuelles, agressives) ?


1) L'éducation permet de surmonter notre instinct

La part d'inné en nous est contrôlée et orientée par nos acquis. Le gain de civilisation, de politesse, de sûreté (droit fondamental des citoyens de vivre en paix : voir article 2 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) semble se combiner avec un gain de liberté, puisqu'il nous permet de surmonter nos déterminismes biologiques ; mais à l'inverse, nos réflexes naturels s'assimilent à une spontanéité synonyme de liberté. De là le caractère paradoxal de Victor, l'enfant sauvage (humain sans éducation) et du chien de Pavlov (animal aux réflexes conditionnés par le dressage). Ils sont à la fois libres et non-libres : Victor exprime librement ses instincts mais ne peut s'en dégager ; le chien dressé s'arrache à ses comportements typiques mais ne peut sortir de son dressage. 

Par ailleurs, l'éducation canalise notre énergie, nous impose des limites, et semble remplacer les chaînes de la nature par celles de la loi.

Question pour la séance suivante : notre pensée est-elle libre ?

par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Terminales STL BGB 2007-2008
 
 
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