Le Labyrinthe
 

Passages

Bienvenue dans
 le Labyrinthe !









     
Cours



  





OEuvres intégrales










      
Auteurs









   
Méthodes










 
Dissertations

 








 
Explica. textes









 
Dictionnaire









 
Personnages











  Chronologie











 Débats en ligne










  Forum d'amélio-
 ration permanente










Retour à l'entrée

Autoprésentation

  Ce site est optimisé
pour Mozilla Firefox

Recherche

Restez informés !

Inscription à la newsletter

Liens

 
Jeudi 31 janvier 2008
Je découpe le programme de Terminale en quatre grandes parties précédées d'une introduction.

L'entrée du labyrinthe : prologue

Introduction

Parce que toute littérature, toute science, toute philosophie, mais aussi toute orientation professionnelle, toute relation familiale, toute éducation, s'exécutent dans le langage, il paraît nécessaire d'examiner ces questions de prime abord. Elles constituent des prolégomènes (étude préalable à une autre étude) à toute philosophie, et même à toute science.

Cette introduction comprend un cours sur le langage, et un cours d'approfondissement sur l'interprétation (en cours d'écriture : bientôt disponible).

Sommaire de l'introduction.


Partie 1 : La philosophie du sujet

Articulée autour de la question « Qui suis-je ? », cette partie tente de répondre aux angoisses que vous pouvez avoir : d'où venez-vous ? Quelle vie voulez-vous mener ? Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi vous ?

Cette partie comprend des cours sur la conscience et la subjectivité, la conscience de soi et l'existence, l'être et le non-être (en cours d'écriture, bientôt disponible) l'inconscient, la responsabilité, autrui.

Sommaire de la philosophie du sujet.


Partie 2 : L'esthétique

Articulée autour de la question « Qu'est-ce que le beau ? », cette partie examine toute la production humaine artistique, artisanale, industrielle. Elle se révèlera peut-être d'une importance vitale parce que, au fond du désespoir, vous aurez peut-être la force de surmonter votre amertume s'il existe quelque chose qui vaut la peine d'être vécu.

Cette partie comprend des cours sur la diversité des goûts, la sensation et le sens (en cours d'écriture, bientôt disponible), le travail, la technique, la technologie, le désir, les passions, l'amour, le fait religieux (notes de cours à mettre au propre).

Sommaire de l'esthétique.



Partie 3 : L'épistémologie


Articulée autour de la question « Qu'est-ce que le vrai ? », cette partie examine les moyens et les méthodes dont nous disposons pour atteindre une certitude ferme, sur laquelle en particulier fonder nos actions futures. De quoi puis-je être sûr, aujourd'hui, pour décider ce que je vais faire de ma vie ?

Cette partie comprend des cours sur la raison et le réel, la démonstration, théorie et expérience, la vérité, le vivant et l'histoire (en cours d'écriture, bientôt disponible), nature et culture (notes de cours à mettre au propre).

Sommaire de l'épistémologie.



Partie 4 : Le politique


Articulée autour de la question « Comment vivre ensemble ? », cette partie explore les moyens que nous avons de pallier les différences naturelles, de contrer les déterminismes sociaux, de régler les conflits, tout en construisant une société si possible heureuse, en tous cas vivable.

Cette partie comprend des cours sur la liberté, le droit, le devoir, le bonheur, la justice, la société et l'État.

Elle se compose pour l'instant, essentiellement, de notes de cours à mettre au propre. Sommaire du politique.


Conclusion

La conclusion prend la forme d'un éloge de la philosophie (encore sous forme de notes de cours à mettre au propre). Sommaire de la conclusion.
par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Notions
Jeudi 31 janvier 2008
Avant d'entrer dans le labyrinthe, ce bref prologue vous dévoile en partie ce que vous allez y trouver.

La philosophie examine quelques « grandes questions » et leurs enjeux. Par exemple : « faut-il toujours dire la vérité ? »

Au départ, on pourrait croire que ce sont des questions comme les autres : on ne voit pas, à première vue, en quoi cette question diffère, par exemple, de la question suivante : « comment préparer une pâte feuilletée ? » Sitôt qu'on essaye d'y répondre, cependant, la différence entre ces deux questions saute aux yeux.

Pour faire une pâte feuilletée, il suffit de suivre la recette. Il existe certes différentes recettes, et chaque grand chef possède ses propres tours de main, mais la procédure générale est connue ; mieux encore, on sait quelles erreurs il vaut mieux éviter de commettre en préparant la pâte.

En revanche, sur « faut-il toujours dire la vérité ? », les opinions paraissent beaucoup plus hétéroclites. Certains rigoristes affirment qu'il faut toujours dire la vérité, même si elle blesse. D'autres, plus cyniques, plus pragmatiques ou plus... sincères (beau paradoxe !) répondent que, dans les faits, tout le monde ment sans cesse à tout le monde, et qu'on a donc le droit de mentir, puisque si nous ne dupons pas les autres, les autres nous tromperont à la première occasion. Entre ces deux positions extrêmes, toutes les nuances semblent possibles, de la diplomatie à la duplicité, de la prudence polie au pieux mensonge. On pourrait croire que, dans le lot, certains ont raison et d'autres ont tort ; l'ennui, c'est que chacun a ses raisons pour défendre son opinion, même les opinions les plus tranchées ; toutes ces positions sont argumentées, étayées, justifiées. Alors, à qui donner raison ?

Reprenons : certaines questions peuvent recevoir une réponse aisée puisqu'il suffit de consulter le spécialiste adéquat (un cuisinier, dans le cas de la pâte feuilletée, mais aussi, selon le problème rencontré, un astronome, un physicien, un biologiste, un médecin, un météorologue, un chimiste, un historien, un économiste, un banquier, un avocat, un journaliste, un poète, un psychanalyste...). D'autres questions, en revanche, autorisent plusieurs réponses argumentées différentes. Il s'ensuit un débat, une délibération, une controverse plus ou moins vive qui peut aller jusqu'à la brouille ou même au conflit violent. Il est facile, en effet, de sentir si l'on est d'accord ou pas avec telle opinion ; mais quant à reconnaître, entre plusieurs argumentations, laquelle s'avère la plus pertinente, la plus cohérente ou la plus correcte, voilà qui demande un peu plus de finesse, d'attention et d'honnêteté intellectuelle.

Hélas, ces questions s'avèrent, en même temps, extrêmement pressantes. Notre attitude au quotidien est en jeu. Faut-il dire la vérité, là, tout de suite ? Faut-il tout avouer à ses parents ? Faut-il colporter toutes les rumeurs du quartier à ses amis ? Faut-il jeter la vérité à la tête du premier venu ? Faut-il balancer nos copains à la police ? Le guide du labyrinthe doit-il dire la vérité aux visiteurs ? Hé, hé.

Ces questions se présentent comme d'autant plus compliquées à résoudre que chacun semble avoir un avis tranché à défendre, et que les pratiques quotidiennes se révèlent parfois en désaccord avec les belles théories soutenues en public par les uns et les autres.

De nombreux auteurs ont néanmoins fait profession de résoudre, ou du moins de clarifier, ces questions. On les appelle les philosophes. Le but « encyclopédique » du programme de philosophie en Terminale consiste à vous donner une connaissance, au moins superficielle, de ces auteurs, que le programme répartit en trois grandes périodes historiques (antique et médiévale, moderne, contemporaine).

Aussitôt, une question se pose : à quoi sert de s'échiner sur des textes presque incompréhensibles (pour ne pas dire presque illisibles) écrits par de vieux barbons pas toujours très fréquentables de leur vivant et parmi lesquels certains ont les dents sèches depuis deux millénaires ? Ils n'ont, ces chers cadavres (le programme de philosophie ne compte aucun auteur vivant : aux yeux du Ministère de l'Education nationale, un bon philosophe est un philosophe mort), aucune idée de vos inquiétudes, de vos enthousiasmes, de vos révoltes, de vos préoccupations concrètes, bref, de la vraie vie. La télévision n'était même pas inventée, à l'époque ! Sans parler du téléphone portable, des OGM, de l'Internet, du réchauffement climatique, du chômage galopant, de la crise de l'énergie, de l'explosion démographique, de la techno, du slam et du chat avec webcam. Alors, à quoi bon ? La théorie, c'est bien pour les gens qui ont du temps à perdre : nous, on veut du solide.

Oui ; mais voyez-vous, le problème, c'est que l'on ne peut pas vraiment vivre sans idées ou sans opinions. Le présent immédiat de certaines situations pose des questions philosophiques qui exigent une réponse urgente, là, tout de suite. On peut bien sûr ignorer l'aspect théorique et agir
« au feeling » ; mais alors, en agissant de manière épidermique, sans réfléchir (tout est là), vous risquez non seulement de vous tromper, mais de vous égarer complètement, et de faire du mal autour de vous. Pire encore : en agissant, vous mettrez en pratique une théorie « par défaut », celle que la société, les conventions, vos parents, vos profs, ont choisi pour vous. L'avantage de tous ces vieux bouquins poussiéreux tient en quelques mots : ils vous prouvent que d'autres réponses, d'autres façons de voir le monde, d'autres manières d'agir, d'autres modes de vie, sont possibles ; et ils vous donnent des pistes pour inventer vos réponses personnelles. Malheur à qui n'a jamais philosophé ! En tous points comparable à l'héroïne de la chanson de Jean-Jacques Goldman, il « vit sa vie par procuration », comme un somnambule.

Mais ! s'indigneront certains, la philosophie nous oblige à découvrir des choses qu'on aurait préféré ne pas découvrir, tout bien réfléchi. Observation exacte. Certaines doctrines, certaines conceptions, certains systèmes philosophiques ont entraîné des conséquences historiques majeures. Par exemple, l'idée révolutionnaire, au sens strict, de ce jeune barbu qui disait :
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » ; mais aussi, l'idéologie délirante d'un peintre raté qui affirmait : « Les Juifs sont des sous-hommes ». Une idée, ce n'est jamais seulement de la théorie, de la fumée, là-haut, dans l'abstraction : elle entraîne toujours des effets, parfois des catastrophes, très réels, très concrets, très solides. Alors attention : il est peut-être très urgent de lire les écrits de ces vieux messieurs morts depuis longtemps, pour éviter de faire les mêmes erreurs.

Ce but
« encyclopédique » du cours de philosophie en Terminale se matérialise donc, en toute logique, par le premier exercice philosophique : l'explication de texte. Vous en trouverez des sujets corrigés ici.

Cependant, défricher avec les auteurs, tracer des axes de réflexion, ouvrir des perspectives reste une première étape. La philosophie, outre son but
« encyclopédique », vise un but « pédagogique » bien plus ambitieux : sitôt le terrain défriché, penser par vous-mêmes s'avère plus aisé. Ce second but se matérialise par un autre exercice : la dissertation de philosophie dont vous trouverez des sujets corrigés ici.

Attention : lire des corrigés n'a jamais enseigné à quiconque à rédiger une bonne copie de philo, pas plus que la mémorisation de traités d'anatomie n'a produit un seul grand chirurgien. Candidats au bac, vous devez travailler la technique de la copie de philo en... écrivant des copies de philo. Il s'agit d'un apprentissage pour lequel vous n'aurez pas trop d'une année. Voyez ici comment préparer.

Penser par vous-mêmes : à vrai dire, voilà le principal objectif du cours de philosophie - raison pour laquelle le programme ne s'articule pas autour des auteurs (on ne fait pas un cours d'histoire de la pensée occidentale) mais bien autour de
« notions" comme le travail, la liberté, l'art ou encore la démonstration. La liberté de l'enseignant autorise toutes les fusions entre notions (par exemple, dans le cours que je propose, la justice se fond avec l'Etat et la société) et toutes les permutations dans l'ordre des notions. Par voie de conséquence, élèves de France et de Navarre, ne soyez pas étonnés de ne pas retrouver ici toujours les mêmes notions traitées par votre prof dans l'ordre dans lequel il les traite.

Aller au sommaire.
Début du cours : le langage.
par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Notions
Jeudi 9 février 2006
La philosophie tente de répondre à des questions complexes. Pour y parvenir, nous effectuons un énorme travail mental d'analyse, de réflexion, de définition, de synthèse, de déduction, d'induction etc. (ci-contre, Afrique de Serge Aubert Martial, de l'école congolaise de Poto-Poto). Pourtant, ce travail mental peut passer entièrement inaperçu d'autrui ; mon voisin, dans le métro, peut songer à toutes sortes de choses sans que je m'en aperçoive. La pensée, en tant que telle, n'a aucun effet sinon chez celui qui la pense - et si jamais ce penseur ne parvient pas à la transmettre, la pensée est perdue définitivement. Pour transmettre ses pensées, cependant, l'individu humain dispose d'un outil : le langage.

Des controverses à mener, des choix à argumenter, des textes à lire et à expliquer, des copies à rédiger et à justifier : tout cela se déroule dans le langage. Il manifeste une idée de manière perceptible (visuelle par des mots imprimés, auditive par des paroles énoncées). Dans ce sens, l'étude de la philosophie en Terminale prolonge et poursuit le travail mené en français depuis vos années de collège. D'ailleurs, vous avez déjà commencé à examiner, en Seconde et en Première, par le biais de la littérature, des questions de morale (l'analyse de l'esclavage et la réflexion sur l'égalité dans le mouvement des Lumières) ou de philosophie (la possibilité de produire une belle représentation d'un objet hideux ou atroce, par exemple avec la lecture des Fleurs du mal de Baudelaire - le texte intégral est téléchargeable ici).

L'humain est le « zoôn logôn », l'animal (« zoôn ») qui possède le « logos », terme grec ambigu qui désigne à la fois la pensée conceptuelle et le discours articulé. Ces facultés le distinguent catégoriquement de tous les autres animaux, lesquels ne diposent pas du discours articulé mais seulement de la voix (phonê).

On voit d’une manière évidente pourquoi l’homme est un animal sociable à un plus haut degré que les abeilles et tous les animaux qui vivent réunis. La nature, comme nous disons, ne fait rien en vain. Seul, entre les animaux, l’homme a l’usage du discours (logos) ; la voix (phonê) est le signe de la douleur et du plaisir, et c’est pour cela qu’elle a été donnée aussi aux autres animaux. Leur organisation va jusqu’à éprouver des sensations de douleur et de plaisir, et à se le faire comprendre les uns aux autres ; mais le discours a pour but de faire comprendre ce qui est utile ou nuisible, et par conséquent aussi, ce qui est juste ou injuste. Ce qui distingue l’homme d’une manière spéciale, c’est qu’il perçoit le bien et le mal, le juste et l’injuste, et tous les sentiments de même ordre dont la communication constitue précisément la famille et l’Etat.
Aristote, Politique, 1253a 6-19

Aristote opère une distinction conceptuelle entre l'humain et l'animal, qu'il double d'une autre distinction entre logos et phonê. Au-delà des seules sensations (de plaisir et de douleur), les humains peuvent communiquer sur l'utile et l'inutile : ils peuvent échanger des pensées. Ces échanges sur les sentiments moraux entraînent une organisation sociale (comme chez d'autres animaux vivant en troupeaux, en hordes ou en essaims) et politique : non seulement chacun se trouve assigné à une tâche et à une place, mais encore chaque individu peut délibérer avec d'autres du juste et de l'injuste - et, le cas échéant, proposer des changements dans l'organisation.

Examiner le langage revient à examiner la caractéristique majeure de l'humanité ; mais à ce stade, une question se présente. Puisque le langage exprime, au-delà des constats bruts (comme « Le ciel est bleu » ou « Le chien aboie »), la confrontation des opinions, cela implique qu'il peut véhiculer ces opinions - même approximatives ou fausses. D'où une grave conséquence : dans la mesure où il laisse passer le mensonge ou l'erreur, cet outil de la pensée n'est peut-être pas fiable. On peut même être certain de ses défauts car, évidemment, les mots sont flous. Pour moi qui ai vécu à Londres, le mot
« rivière » évoque tout de suite des images de la Tamise. Pour vous qui n'avez jamais vécu à Londres mais qui avez passé vos dernières vacances au Brésil, le même mot vous rappelle l'Amazone, que je n'ai pour ma part jamais vu. Cette « imprécision » des mots insinue le doute à deux niveaux :

- Au niveau politique, le langage permet à certains individus mal intentionnés de nous mentir de manière calculée, par des effets rhétoriques.

- Au niveau psychologique, il se pourrait que, par ses structures grammaticales, une langue donnée (par exemple, le français) perturbe l'expression de nos pensées les plus vraies et les plus profondes - voire les empêche purement et simplement.

Dans l'Antiquité, en Grèce, un groupe de penseurs, les sophistes, avaient choisi d'employer ces faiblesses du langage pour en tirer un profit politique. Grammairiens, linguistes, avocats (ci-contre, Robert Macaire, avocat de Daumier), les sophistes enseignaient aux jeunes gens à composer des discours propres à persuader les assemblées politiques et les tribunaux. Ils prétendaient, en particulier, que la vérité n'était qu'une question de point de vue, ce qui autorisait par avance toutes les volte-faces.

Contre les sophistes, contre leur puissance politique indue et contre leur relativisme à l'égard de la vérité, s'éleva Socrate : cet acte fondateur de révolte contre certains modes du discours constitue, à bien des égards, le point de départ de la philosophie.

Suite du cours : Usages persuasifs et scientifiques du langage.

par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Notions
 
 
Blog : Santé sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus