II. Notre pensée est-elle libre ?
On peut soutenir avec Thomas Hobbes (XVII) que notre pensée dans l’état de nature est contrainte par nos instincts, nos désirs et notre agressivité. Comme des animaux soumis à leurs réflexes, nous ne pouvons ni adhérer à ces contraintes ni les transgresser : la fatigue, la faim, la soif, s’imposent à nous et nous devons les satisfaire.
Mais dans l’état civil, où les instincts sont régis par la loi et encadrés par le pouvoir du souverain, la pensée non plus n’est pas libre puisqu’elle doit tenir compte de la loi. Néanmoins, il est possible d’adhérer aux obligations légales (on peut être d’accord avec la loi). De surcroît, nous avons le pouvoir de transgresser l’obligation (violer la loi).
Descartes, quant à lui, soutient au contraire que la pensée est libre par nature. Elle peut en effet examiner une opinion (un préjugé, une idée, une… pensée), la mettre en doute, la vérifier.
Si la vérification confirme l’opinion initiale, celle-ci acquiert le statut de connaissance. Si au contraire la
vérification infirme l’opinion initiale, celle-ci est dénoncée comme fausse. Ce processus par lequel la pensée doute d’elle-même, se prend elle-même pour objet, se questionne, s’appelle la
réflexion (photographi (c) Hopper).Toute réflexion porte avec elle une dimension critique, caractéristique de l’esprit : parce qu’il n’est pas enfermé dans le formatage de l’éducation, parce qu’il peut le critiquer, l’esprit est libre par nature.
Question pour la prochaine séance : puis-je dire que je contrôle mes actes ?
par Jérôme Coudurier-Abaléa
publié dans :
Terminales STL BGB 2007-2008











