Que de copies disloquées dès leurs commencements ! Parfois, dès la première phrase (on l'appelle "l'accroche"), le correcteur sait que le candidat n'a pas vu le problème ; parfois même, toujours dès l'accroche, le lecteur (pourtant moins exigeant que le correcteur) baîlle d'ennui. Outre les annonces de plan pesantes (du type : "Nous verrons dans un premier temps que..., nous montrerons dans un deuxième temps que...", nous, que, vlan, paf), trois défauts graves vicient les introductions.
Primo, certaines accroches se perdent dans des généralités si vastes qu'on se demande bien de quoi le candidat veut parler (ici, par exemple, "L'art est très important dans la vie."). Le pire de tout, dans cette catégorie, reste les accroches du type "De tout temps, les hommes..." Une phrase quelconque commencée de la sorte est sûre d'accoucher d'une erreur : les "hommes", en effet, n'existent que depuis 17.000 ans - donc pas "de tout temps". Non seulement cette accroche est idiote, mais encore elle est si banale qu'elle mérite l'éradication.
Secundo, défaut contraire du précédent, l'introduction verse dans l'anecdotique, voire dans l'argumentation précise (neuf fois sur dix articulée par "donc"). Ce n'est pas son rôle ! Laissez les idées pour le développement : vous perdez du temps et vous gâchez des munitions. A quoi bon ?
Tertio, les introductions décousues partent souvent de généralités trop vastes et, faute de réponse paradoxale et d'enjeux, bondissent tout à trac au problème qui, fatalement, paraît saugrenu. Neuf fois sur dix, ces questions commencent par "mais" - preuve d'une rupture logique. Par exemple, ici : "L'art est très important dans la vie. Mais faut-il être cultivé pour apprécier une oeuvre d'art ?" On se demande d'où sort cette question.
Quarto, les introductions tartignolles peuvent connaître deux sous-versions. La première consiste à résoudre le sujet d'une seule phrase. Par exemple : "Il est évident que seules les personnes cultivées goûtent l'art à sa juste valeur". Dans ce cas, fin de la discussion. A quoi bon nous en écrire encore quatre pages ? La seconde sous-version consiste à laisser entendre (voire à dire en toutes lettres) que le sujet est vraiment idiot. Par exemple : "La question de savoir si l'art demande une culture peut paraître peu intéressante."
Primo, certaines accroches se perdent dans des généralités si vastes qu'on se demande bien de quoi le candidat veut parler (ici, par exemple, "L'art est très important dans la vie."). Le pire de tout, dans cette catégorie, reste les accroches du type "De tout temps, les hommes..." Une phrase quelconque commencée de la sorte est sûre d'accoucher d'une erreur : les "hommes", en effet, n'existent que depuis 17.000 ans - donc pas "de tout temps". Non seulement cette accroche est idiote, mais encore elle est si banale qu'elle mérite l'éradication.
Secundo, défaut contraire du précédent, l'introduction verse dans l'anecdotique, voire dans l'argumentation précise (neuf fois sur dix articulée par "donc"). Ce n'est pas son rôle ! Laissez les idées pour le développement : vous perdez du temps et vous gâchez des munitions. A quoi bon ?
Tertio, les introductions décousues partent souvent de généralités trop vastes et, faute de réponse paradoxale et d'enjeux, bondissent tout à trac au problème qui, fatalement, paraît saugrenu. Neuf fois sur dix, ces questions commencent par "mais" - preuve d'une rupture logique. Par exemple, ici : "L'art est très important dans la vie. Mais faut-il être cultivé pour apprécier une oeuvre d'art ?" On se demande d'où sort cette question.
Quarto, les introductions tartignolles peuvent connaître deux sous-versions. La première consiste à résoudre le sujet d'une seule phrase. Par exemple : "Il est évident que seules les personnes cultivées goûtent l'art à sa juste valeur". Dans ce cas, fin de la discussion. A quoi bon nous en écrire encore quatre pages ? La seconde sous-version consiste à laisser entendre (voire à dire en toutes lettres) que le sujet est vraiment idiot. Par exemple : "La question de savoir si l'art demande une culture peut paraître peu intéressante."
par Jérôme Coudurier-Abaléa
publié dans :
Méthodes











