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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Droit, devoir, bonheur - 10



3) Le Souverain bien

Aristote. Le désir de vivre contre le désir de bien vivre.

Au contraire, l’art d’acquérir des richesses pour l’administration de sa maison, tout différent de la chrématistique proprement dite, a une limite, car l’acquisition illimitée de monnaie n’est pas l’affaire de l’économie domestique. De là vient que, à un certain point de vue, il apparaît que toute richesse a nécessairement une limite, et pourtant, d’un autre côté, l’expérience de chaque jour nous montre que c’est le contraire qui a lieu : car tous les trafiquants accroissent indéfiniment leur réserve monétaire. […] La forme domestique de la chrématistique a en vue une fin autre que l’accumulation de l’argent, tandis que la seconde forme a pour fin l’accumulation même. Par suite, certains pensent que cette accumulation est aussi le rôle de l’administration domestique, et ils vivent continuellement dans l’idée que leur devoir est de conserver intacte leur réserve de monnaie, ou même de l’accroître indéfiniment. La raison de cette attitude, c’est qu’ils s’appliquent uniquement à vivre, et non à bien vivre, et comme l’appétit de vivre est illimité, ils désirent des moyens de se satisfaire également illimités.
Aristote, Politique, 1257b 30 - 1258a 2

Le Souverain bien. Même si nous pouvons nous tromper, si même nous pouvons faire le mal en toute connaissance de cause, nous poursuivons toujours le Souverain bien. La nature humaine.
Bien vivre, c’est vivre de manière excellente. Vivre de manière convenable, de manière appropriée à sa condition et à ses ambitions.
L’arêtè. Un sommet, un juste milieu. Une prédisposition, une longue habitude. L’exemple du courage. L’homme (andros) divin. Hector.
Théoriser cette convenance. Les vertus dianoétiques.
Sophia. L’humain (anthropos) divin. Socrate.

Arêtè et Sophia présentent une foule d’avantages que n’ont pas les autres conceptions du bonheur. Ce sont deux choses éternellement perfectibles, donc on peut toujours les rechercher. Ce n’est pas des bonheurs de l’on possède, mais que l’on construit. Capables de durer toute la vie. Un bonheur constant, donc, et surtout un bonheur dont la recherche est le résultat. Pas du tout la même chose qu’un dessin. On ne peut pas dire qu’on a « fini » la sagesse ni la vertu. De surcroît, ces deux recherches procurent un plaisir authentique.
Enfin, elles résolvent le paradoxe : dans ces deux recherches, c’est bien moi qui agis et qui trouve du plaisir à moi-même et je me gouverne moi-même (ok avec les anars ; l’anarchie authentique est tout le contraire du désordre et du terrorisme ; anarchisme de la joie et non de la colère) mais en même temps, le côté subversif de ces deux recherches est neutralisé. Je ne vis pas sans frein, mais je ne suis que mes propres lois. L’autonomie plutôt que l’indépendance. Le plus haut degré de liberté. Avantage supplémentaire : on ne peut pas me priver de ces richesses-là, sauf en me tuant. Indépendamment de ma condition sociale, de mon rang, de ma fortune, je puis poursuivre ces deux recherches. Ma conscience est une zone de non-droit.


Conclusion
Dans une telle perspective, le bonheur paraît à nouveau possible. À la condition toutefois que l’Etat et la société me laissent la possibilité de me livrer à mes œuvres de vertu ou de sagesse.
..Quel Etat, sinon un Etat oppresseur, pourrait en contester la légitimité ? Quel Etat oserait les mettre hors-la-loi ?
Un Etat de droit, respectueux du principe d’autorité, est indispensable à la poursuite du bonheur, une fois admis la diversité des tempéraments. Sans les garanties minimales qu’accorde l’Etat de droit, je ne puis me livrer à la recherche de la vertu et de la sagesse.
La forme de l’Etat, la constitution, le régime sous lequel je vis, a donc quelque chose à voir avec mon bonheur.


Suite du cours : Justice, société, Etat.


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