












La philosophie tente de répondre à des questions complexes. Pour y parvenir, nous effectuons un énorme travail mental d'analyse, de réflexion, de définition, de synthèse, de déduction, d'induction etc. (ci-contre, Afrique de Serge Aubert Martial, de l'école congolaise de Poto-Poto). Pourtant, ce travail mental peut passer entièrement inaperçu d'autrui ; mon voisin, dans le métro, peut songer à toutes sortes de choses sans que je m'en aperçoive. La pensée, en tant que telle, n'a aucun effet sinon chez celui qui la pense - et si jamais ce penseur ne parvient pas à la transmettre, la pensée est perdue définitivement. Pour transmettre ses pensées, cependant, l'individu humain dispose d'un outil : le langage.
On voit d’une manière évidente pourquoi l’homme est un animal sociable à un plus haut degré que les abeilles et tous les animaux qui vivent réunis. La nature, comme nous disons, ne fait rien en vain. Seul, entre les animaux, l’homme a l’usage du discours (logos) ; la voix (phonê) est le signe de la douleur et du plaisir, et c’est pour cela qu’elle a été donnée aussi aux autres animaux. Leur organisation va jusqu’à éprouver des sensations de douleur et de plaisir, et à se le faire comprendre les uns aux autres ; mais le discours a pour but de faire comprendre ce qui est utile ou nuisible, et par conséquent aussi, ce qui est juste ou injuste. Ce qui distingue l’homme d’une manière spéciale, c’est qu’il perçoit le bien et le mal, le juste et l’injuste, et tous les sentiments de même ordre dont la communication constitue précisément la famille et l’Etat.
- Au niveau politique, le langage permet à certains individus mal intentionnés de nous mentir de manière calculée, par des effets rhétoriques.
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