Face au corrigé de philosophie, certains élèves s'interrogent : à quoi bon se poser ces questions si difficiles, si terribles, et si insolubles ? Même un adulte mature, intelligent et cultivé aurait beaucoup de mal à leur apporter une réponse, alors pourquoi nous les poser ?
La première réponse tient aux exigences académiques de l'épreuve. On vous pose les questions fondamentales parce qu'elles permettent une évaluation juste et rigoureuse. Face aux problèmes les plus redoutables, les élèves médiocres s'effarouchent, s'aveuglent, biaisent et dérapent hors sujet ; les élèves peu brillants, mais travailleurs, parviennent à sortir un plan scolaire mais acceptable, et servi par des références correctes ; quant aux meilleurs, galvanisés par la difficulté, ils excellent à traiter ces questions qui, en vertu de leur profondeur même, autorisent une grande diversité de réponses philosophiques et d'approches rhétoriques.
Ceci dit, il faut aussi tenir compte d'une deuxième réponse. Ces questions si complexes constituent le seul moyen de rendre la vie de l'esprit palpitante et exaltante. Comme on plaint ceux qui, jamais, ne se les posent ! Combien leur existence doit être morne et routinière !
Alors, vive la difficulté !
Ceci dit, il faut aussi tenir compte d'une deuxième réponse. Ces questions si complexes constituent le seul moyen de rendre la vie de l'esprit palpitante et exaltante. Comme on plaint ceux qui, jamais, ne se les posent ! Combien leur existence doit être morne et routinière !
Alors, vive la difficulté !
par Jérôme Coudurier-Abaléa
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