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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Pourquoi la distinction conceptuelle permet souvent une synthèse solide

Par d’autres disciplines (histoire, économie, littérature…), votre plume se trouve déjà acclimatée à l’exercice de l’écriture persuasive. Moins familière, la synthèse gêne. Lorsque le candidat ne voit pas "ce qu’il pourrait mettre" en III, ce dernier présente un des trois défauts suivants : son absence pure et simple, son dérapage hors sujet, son remplissage par redite des arguments majeurs des premières parties. Comme on l'a déjà souligné dans les conseils préliminaires (0.4.), il faut en principe une synthèse.

Comment s'y prendre ? Voilà une vraie question. Les deux premières parties, correctement construites, vous placent dans une situation contrariante : non seulement la thèse et l’antithèse, aussi justifiées l'une que l'autre, s’affrontent à armes égales : chacune paraît acceptable, et toutes deux présentent de graves limites mises en lumière dans leur opposition. Le problème résiste : voilà trois pages que l'on disserte, et l'on n'a guère avancé. Rappelant alors l’urgence du problème et entérinant son propre désarroi devant deux solutions dépréciées, la synthèse peut commencer.

Ainsi entamée, la synthèse prouve chez le candidat la volonté farouche de résoudre le problème – la copie use en effet de tous les moyens légitimes pour y parvenir. Face aux échecs successifs et réciproques des deux premières parties, la synthèse se trouve fondée à approfondir la réflexion, à élever le débat ou à porter un nouvel éclairage sur le sujet.

Souvent, un III gagne sa solidité à réexaminer la réflexion antérieure et à expliquer les causes de ce caractère à la fois légitime et très insuffisant des deux positions antérieures. Fournirait en particulier une telle explication la distinction conceptuelle sur les termes de la question. Si les deux solutions proposées en I et en II sont acceptables, et si par ailleurs elles s'affrontent, c'est en réalité qu'elles ne parlent pas exactement de la même chose.

Si en I on a soutenu que la culture n'est pas nécessaire, dans la mesure où l'oeuvre parle au coeur et non à la tête, et si en II on a montré au contraire que pour comprendre une oeuvre, un minimum de connaissances (sur l'époque où elle a été réalisée, sur la biographie de l'auteur, sur la symbolique etc.) s'avère nécessaire, on pourra, en III, montrer pourquoi on peut prendre plaisir à l'oeuvre dont on ne sait rigoureusement rien, et pourquoi cependant porter un jugement éclairé sur une oeuvre quelconque présuppose un savoir positif - ce qui conduirait à une distinction conceptuelle sur le verbe "goûter" : entend-on par là "prendre du plaisir" (comme dans le I) ou bien "estimer, évaluer" (comme dans le II) ?

Un tel III ne propose pas stricto sensu de solution catégorique au problème. Il explique (cette tâche n’a rien de facile) pourquoi le I et le II s’affrontent, en explorant la distinction conceptuelle préfigurée dès le travail d’analyse ; aussi exprime-t-il sa reconnaissance pour les deux positions initiales (qui occasionnent le III), tout en les dépassant puisqu’il manifeste leurs bornes et la cause de leur affrontement. Autrement dit : à la fin du III, les deux premières opinions, si utiles qu’elles aient été, paraissent de pauvres choses désuètes. Pis : la synthèse les rend insoutenables, puisque trop étroites. Ces solutions désormais irrecevables meurent. La dissertation de philosophie est une tragédie.

Les synthèses organisées autour de distinctions conceptuelles ne sont pas toujours très originales, mais du moins assurent-elles un III qui ne soit pas une simple redite des arguments antérieurs.

Notons aussi qu'il ne s'agit jamais du seul III acceptable. Au lieu de la distinction conceptuelle sur "goûter", on pourrait par exemple montrer en III la rigoureuse impossibilité de prendre un plaisir authentique à une chose qu'on ne comprend pas (des benêts comme Bouvard et Pécuchet "aiment l'art" parce qu'au fond ils aiment donner l'impression à leurs proches qu'ils aiment l'art, mais pas pour les oeuvres elles-mêmes) ; dans ce cas, on pouvait conclure que le plus haut des plaisirs ressentis par l'humain était sans doute de comprendre une chose qui lui paraissait initialement obscure ou confuse (avec discret éloge de la science à la clef).

Au contraire, on pourrait organiser un III autour de l'idée de Baudelaire selon laquelle la beauté est toujours étrange - donc que, dans un sens, on ne peut jamais comprendre le message. On concluait alors sur une opposition entre les "arts décoratifs" (qui ne dérangent personne et sont seulement là pour "faire joli") et "l'art" stricto sensu, où l'artiste, avant-poste de la modernité, scrute l'inconnu et tente de le restituer à ses contemporains.

Cependant, ces III exigent une aisance rhérotique et une culture générale que peu de copies atteignent. Si vous vous sentez la force de réussir, n'hésitez pas à les choisir ; incertains de vous-mêmes, en revanche, préférez-lui la distinction conceptuelle, peut-être une peu scolaire mais du moins authentiquement philosophique dans l'effort qu'elle accomplit pour clarifier les mots et les concepts.
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