I. Origine du droit
On dénombre trois explications, chacune découlant de la précédente, et la dépassant.
1) Dieu
Moïse, au sommet du Sinaï, reçoit les Commandements (Exode, 20), écrits de la main même de Yhvh. La charia musulmane "descend" directement d'Allah (Coran, 5, 48). Lycurgue, avant d'établir les lois de Sparte, consulte Apollon. L'attribution des lois fondamentales à un principe divin, "intelligence gouvernante" (selon le mot d'Anaxagore) de l'univers entier, garantit la conformité des règles juridiques avec le plan général de Dieu pour le cosmos. Aussi assure-t-elle la justice de ces lois. D'autres systèmes de droit s'expliquent par l'égarement des peuples infidèles ou idolâtres.
On comprend bien la stabilité politique que peut produire un système juridique "de droit divin". Il devient quasi incontestable. Quant au régime de la preuve, en matière pénale notamment, il devient d'une biblique simplicité. Puisque, au-delà des normes, tout ce qui arrive n'est que la volonté de Dieu, il suffit de mettre le prévenu à l'épreuve. On peut ainsi jouer sa culpabilité aux dés, ou lui faire subir des traitements plus ou moins cruels connus sous le nom d'ordalie. L'interprétation d'une même ordalie variait d'ailleurs d'un tribunal à l'autre : telle femme, accusée de sorcellerie, se voit obligée de plonger la main dans un chaudron d'eau bouillante. Elle est très grièvement brûlée. Doit-on croire qu'elle est innocente (elle ne bénéficie pas de protections surnaturelles "sataniques") ou au contraire que Dieu l'a abandonnée (donc qu'elle est coupable) ?
Dans les cas extrêmes, ce "jugement de Dieu" vire au duel judiciaire : celui des plaideurs qui l'emporte dans un affrontement armé démontre, par là même, la justesse de sa cause, la suprématie physique s'analysant comme un don divin.
Un esprit fort ne peut cependant s'empêcher de faire la réflexion que Dieu, s'il existe, est bien innocent de tous ces "jugements" qu'on lui impute, et qu'en réalité, c'est la force, et elle seule, qui fonde le droit.
Suite du cours : la force et la ruse.
1) Dieu
Moïse, au sommet du Sinaï, reçoit les Commandements (Exode, 20), écrits de la main même de Yhvh. La charia musulmane "descend" directement d'Allah (Coran, 5, 48). Lycurgue, avant d'établir les lois de Sparte, consulte Apollon. L'attribution des lois fondamentales à un principe divin, "intelligence gouvernante" (selon le mot d'Anaxagore) de l'univers entier, garantit la conformité des règles juridiques avec le plan général de Dieu pour le cosmos. Aussi assure-t-elle la justice de ces lois. D'autres systèmes de droit s'expliquent par l'égarement des peuples infidèles ou idolâtres.
On comprend bien la stabilité politique que peut produire un système juridique "de droit divin". Il devient quasi incontestable. Quant au régime de la preuve, en matière pénale notamment, il devient d'une biblique simplicité. Puisque, au-delà des normes, tout ce qui arrive n'est que la volonté de Dieu, il suffit de mettre le prévenu à l'épreuve. On peut ainsi jouer sa culpabilité aux dés, ou lui faire subir des traitements plus ou moins cruels connus sous le nom d'ordalie. L'interprétation d'une même ordalie variait d'ailleurs d'un tribunal à l'autre : telle femme, accusée de sorcellerie, se voit obligée de plonger la main dans un chaudron d'eau bouillante. Elle est très grièvement brûlée. Doit-on croire qu'elle est innocente (elle ne bénéficie pas de protections surnaturelles "sataniques") ou au contraire que Dieu l'a abandonnée (donc qu'elle est coupable) ?
Dans les cas extrêmes, ce "jugement de Dieu" vire au duel judiciaire : celui des plaideurs qui l'emporte dans un affrontement armé démontre, par là même, la justesse de sa cause, la suprématie physique s'analysant comme un don divin.
Un esprit fort ne peut cependant s'empêcher de faire la réflexion que Dieu, s'il existe, est bien innocent de tous ces "jugements" qu'on lui impute, et qu'en réalité, c'est la force, et elle seule, qui fonde le droit.
Suite du cours : la force et la ruse.
par Jérôme Coudurier-Abaléa
publié dans :
Notions











