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Samedi 28 janvier 2006
III. Religion et science

La vérité révélée de la religion contre la vérité rationnelle de la science. St Augustin estime la querelle de peu d’importance, car à ses yeux, religion et science découvrent les mêmes vérités. En fait, pas du tout le cas.

1) La querelle entre religion et science

La science offre des explications rationnelles très décevantes pour certains phénomènes prétendument surnaturels. L’Artémis d’Ephèse et les murs creux du temple. Les prophéties (statistiques, le contrôle fiscal dans les cinq ans ; régression vers la moyenne ; autoréalisatrices, la Bourse ; et à tout prendre, ça peut marcher, auquel cas, chouette ; sinon, eh bien, voyez les Témoins de Jéhovah).

La science condamne avec violence la représentation du monde véhiculée par la religion. La Providence et la théorie des signatures ; les roux ; l’écorce de saule : ça n’a marché qu’une seule fois. Des conduites dangereuses (refuser la transfusion sanguine, se baigner dans le Gange). Hors de la stricte sphère métaphysique, la religion est obscurantiste.

Savants et philosophes persécutés par la religion : Socrate et surtout la querelle de Bruno. (0) Eglise : géocentrisme et physique aristotélicienne (le mouvement étant anormal, il faut un dieu qui meuve l’univers). (1) Copernic : héliocentrisme. (2) Bruno : homogénéité de l’Univers, équivalence soleil-étoiles, donc l’existence d’autres mondes, donc l’existence d’autres peuples intelligents ; et d’autre part, puisque homogène et puisque infini, alors il n’y a absolument pas de centre. Et Dieu ? Nous n’avons plus besoin de cette hypothèse en astronomie. Meurt sur le bûcher en 1600. Galilée 1633 détruit la physique aristotélicienne.

 
La religion connote négativement le savoir : « Lucifer », Faust et Méphistophélès. La tentative de percer les mystères de la nature affronte la religion de plein fouet, parce que la religion non seulement a besoin de divin, mais aussi de mystère. Le langage sacré ; les mystères d’Eleusis. Le monde divin, caché, secret. « Les mystères de Dieu sont impénétrables » et le pape n’en sait pas plus sur la Trinité que sa dernière ouaille. La religion ne subsisterait peut-être pas si on pouvait exposer sa source la plus profonde.

Suite du cours : pourquoi la science n'a-t-elle pas fait disparaître la religion ?
par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Notions
 
 
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