3) Le sujet de droit
Vous allez dire : « C’est injuste ! Comment peut-on reprocher à quelqu'un de faire ce qu'il fait alors qu'il ne se rend pas compte de ce qu'il fait ? » En réalité, c’est essentiel. Si vous admettez l’excuse de la psychanalyse, alors votre identité disparaît parce que le « je » qui pense (conscient) n'est pas du tout le même que le « je » qui est (largement inconscient). Avec la psychanalyse, le cogito s'effondre définitivement et vous n'avez plus aucun moyen de déterminer rationnellement qui vous êtes.
Le seul moyen de réaffirmer que vous êtes bel et bien quelqu’un, c’est de revendiquer vos actes comme vôtres, malgré le changement qui vous en sépare, malgré le temps, malgré les défauts de la mémoire, malgré l'inconscient. À bien des égards, ce qu’on appelle « devenir adultes" consiste d'abord et avant tout à « s'assumer. Il s'agit de revendique la responsabilité de nos actes face aux lois. Nous ne sommes pas seulement des êtres matériels, vivants, percevants, conscients, ni même des sujets doués d’existence. Au-delà de notre personnalité à plusieurs couches (à la structure en mille-feuille), notre conscience comporte aussi une dimension morale (la « conscience morale ») qui fait de nous des « sujets » de droit : voyez votre carte d’identité. Non seulement nous sommes des personnes juridiques, mais c’est même cela qui fonde notre identité, qui donne une cohérence et une continuité à notre existence : le fait qu’on peut nous imputer nos actes, au moins en droit. Nous en sommes donc responsables.
Le seul moyen de réaffirmer que vous êtes bel et bien quelqu’un, c’est de revendiquer vos actes comme vôtres, malgré le changement qui vous en sépare, malgré le temps, malgré les défauts de la mémoire, malgré l'inconscient. À bien des égards, ce qu’on appelle « devenir adultes" consiste d'abord et avant tout à « s'assumer. Il s'agit de revendique la responsabilité de nos actes face aux lois. Nous ne sommes pas seulement des êtres matériels, vivants, percevants, conscients, ni même des sujets doués d’existence. Au-delà de notre personnalité à plusieurs couches (à la structure en mille-feuille), notre conscience comporte aussi une dimension morale (la « conscience morale ») qui fait de nous des « sujets » de droit : voyez votre carte d’identité. Non seulement nous sommes des personnes juridiques, mais c’est même cela qui fonde notre identité, qui donne une cohérence et une continuité à notre existence : le fait qu’on peut nous imputer nos actes, au moins en droit. Nous en sommes donc responsables.
L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut parès cet élan vers l'existence ; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. [...] Mais si vraiment l'existence précède l'essence, l'homme est responsable de ce qu'il est. Ainsi la première démarche de l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence. Et, quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes.
Sartre, L'Existentialisme est un humanisme
Le seul moyen qui vous reste de réaffirmer votre identité, c'est donc de réclamer la paternité de vos actes passés et d'en assumer les conséquences futures - même celles que vous n'aviez pas prévues. L'incendie de forêt provoqué par votre mégot mal éteint, vous en êtes pleinement responsable, même si vous ne l'avez pas prévu, pour la seule raison que vous l'avez causé. Vous ne pourrez jamais vous écrier : « C’est pas ma faute ! » Vous ne pourrez pas accuser vos parents, la société, la culture, l’éducation, les supérieurs, de vous avoir « mal fait ». L’excuse présentée par les nazis à Nuremberg n'exonère personne. Nul n’a jamais prétendu que ce serait facile.
Maintenant, nous refondons notre identité sur les concepts de personne juridique et de responsabilité morale ; autrement dit, sur une relation sociale : je revendique la responsabilité de mes actes devant autrui. Dans ce cas, je ne peux pas me suffire à moi-même. L’approche initiale du « moi, je » paraît beaucoup trop parcellaire. Si je veux avoir une identité, je ne peux pas faire comme si j’étais le seul au monde (le solipsisme). Au contraire, autrui devient un élément capital de mon identité.
Suite du cours : autrui.
Maintenant, nous refondons notre identité sur les concepts de personne juridique et de responsabilité morale ; autrement dit, sur une relation sociale : je revendique la responsabilité de mes actes devant autrui. Dans ce cas, je ne peux pas me suffire à moi-même. L’approche initiale du « moi, je » paraît beaucoup trop parcellaire. Si je veux avoir une identité, je ne peux pas faire comme si j’étais le seul au monde (le solipsisme). Au contraire, autrui devient un élément capital de mon identité.
Suite du cours : autrui.
par Jérôme Coudurier-Abaléa
publié dans :
Notions











