Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Publicité

Copie 8

Par définition, l’art fait appel aux passions de l’observateur, tandis que la culture est le résultat d’un long travail d’apprentissage, et relève donc de la raison. Cette notion de culture est de plus, dans le libellé du sujet, très vague : s’agit-il uniquement de la culture artistique, ou d’une culture plus générale ? Le sujet semble donc paradoxal, puisqu’il laisse entendre que les passions, dans le domaine de l’art, sont tributaires de la raison, que sans un travail raisonnable préalable, elles ne peuvent naître. Il nous amène ainsi à nous poser la question suivante : un inculte est-il capable de goûter une œuvre d’art ?
Grâce aux subtilités du verbe « goûter », nous montrerons d’abord que goûter une œuvre d’art est à la portée de tous, mais que rares sont les gens aptes à la goûter correctement, avant de nous interroger sur l’identité de ces « gens », ainsi que sur le sens du mot « correctement ».


Le verbe « goûter » signifie « tester une petite partie dans le but de s’en faire une opinion ». Il véhicule ainsi une notion de première fois. Or une culture artistique ne peut se constituer justement qu’en « goûtant » les œuvres d’art : en les observant, en les comparant, on apprend à les juger. C’est donc un cercle vertueux. Ainsi, la première fois qu’on goûte une œuvre d’art, il semble difficile d’être préalablement cultivé, puisque cette culture ne s’acquiert qu’au fur et à mesure, en accumulant les expériences.
De plus, « goûter » n’est nullement synonyme « d’apprécier » ou de « apte à juger ». On peut donc établir plusieurs niveaux d’observations quant à une œuvre d’art : l’observateur peut la goûter et l’apprécier naïvement, ou il peut être apte à la juger, à la critiquer et alors l’apprécier à sa juste valeur. Ainsi, chacun peut goûter une œuvre d’art, sans aucune culture préalable, mais cela implique un regard naïf, inculte, sur celle-ci, ainsi qu’un jugement irréfléchi et injustifié (« c’est beau »).
Enfin, le verbe « falloir » est assez radical et implique, plus que la nécessité, l’obligation. Or, s’il fallait effectivement être cultivé pour goûter une œuvre d’art, les musées ne seraient réservés qu’à une élite, ce qui n’est heureusement pas le cas. Ainsi, stricto sensu, il ne faut pas (il n’est pas obligatoire d’) être cultivé pour goûter une œuvre d’art.
Une œuvre d’art semble donc pouvoir être « goûtée » par n’importe qui, aussi inculte soit-il, mais seuls les bons juges pourront la juger et l’apprécier à sa juste valeur.


En effet, le verbe « goûter » n’a pas un sens exclusif, et peut également sous-entendre un certain raffinement, et l’aboutissement d’un long travail de reconnaissance. Il s’agit par exemple des goûteurs de vins. Dans cette perspective, il semble nécessaire de posséder une importante culture, pour être capable de goûter correctement une œuvre d’art. D’une part une culture artistique, de l’Histoire de l’Art, d’autres artistes, etc., mais également une culture plus générale, comme le découpage mathématique d’une toile, les pigments etc. Ces connaissances seront autant d’outils qui permetteront à l’observateur de goûter justement une œuvre d’art.
De plus, le fait de goûter une œuvre d’art donne la possibilité à l’observateur d’entrer dans le monde artistique. Là où un inculte se contentera de regarder l’œuvre superficiellement et stérilement, l’observateur un minimum cultivé aura une chance de goûter pleinement l’œuvre, de la cerner, de saisir ce qu’elle dégage, de la replacer dans son contexte : de la comprendre.


Il semble alors intéressant de se demander où se situe ce minimum de culture nécessaire pour pouvoir véritablement goûter une œuvre d’art.
En effet, sur quels critères pouvons-nous décréter qu’une personne est inculte, ou que c’est un bon juge ? Et que penser de la grande majorité des gens qui se situe entre ces deux « statuts » ?
Etant donné que l’art, par son éthymologie même, fait appel aux passions de l’observateur, son but doit alors être de faire réagir ce dernier, de faire naître chez lui quelque sentiment que ce soit. Dans ce cas, il n’est pas impossible de considérer que le vécu constitue en lui-même une forme de culture, qui permet à l’observateur de goûter l’œuvre d’art à sa manière.
En effet, chacun, selon sa sensibilité et ses souvenirs, peut se trouver ému ou révolté face à une œuvre lui évoquant quelque chose : l’art a alors rempli sa « mission ». C’est donc un domaine propre à chacun, variable d’une personne à l’autre. Dès lors, la notion même d’inculte ou de bon juge perd tout son sens, car un jugement crédible nécessite des critères précis, ce qui semble fondamentalement opposé au but de l’œuvre d’art.


Une culture artistique est donc possible voire nécessaire pour comprendre une œuvre d’art techniquement parlant (fabrication des pigments, contexte historique) mais la sensibilité de l’observateur lui permettra de « goûter » l’œuvre, selon ses propres critères.


Voir la correction de cette copie.
Retourner au menu des copies.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article