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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

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Copie 9

Si le bonheur transcendant constitue l’objectif de la recherche humaine, l’art parvient parfois à satisfaire cette avidité dévorante. Que l’on comprenne une œuvre d’art pour l’apprécier à sa juste valeur et en tirer sa « substantifique moelle » ou que l’on se contente de son apparence superficielle est une question de culture. Le tout est de savoir si le vrai bonheur réside dans l’apparence dégagée ou dans l’essence même de l’objet.


« L’art sert à embellir la vie » disait Nietzsche. Si, en effet, on réduit l’art à sa fonction de créateur de « belles choses », il semble inutile de suivre des cours d’Histoire de l’art pour apprécier une vision d’ensemble harmonieuse. Selon Hume, il n’existe pas de norme du goût. Dans cette optique, chacun adopte un style de préférence et l’avis sur le beau se résume à un sentiment sur l’œuvre en question. Le bon goût est souvent, comme disait Voltaire, « très subjectif » ; il est donc loin d’être semblable d’une personne à l’autre. Si chacun a trouvé son propre bon goût, la question de la culture n’intervient pas puisque le but recherché du bonheur est atteint dans tous les cas.
Toutes les œuvres ne nécessitent, pour être appréciées, que du bon sens. Il suffit d’écouter un Prélude de Bach pour se laisser emporter par une harmonie simple, compréhensible, et donc parfaite. La simplicité est un critère principal à l’atteinte de l’œuvre,
et donc à l’atteinte du bonheur qu’elle dégage. Le Corbusier disait, en l’appliquant à l’architecture, que « là où naît l’ordre naît le bonheur ». ce principe de purisme met l’accent sur cette relation entre l’épuration des formes et des volumes, en l’occurrence, et le but ultime délivré par l’art en général.
Goûter une œuvre d’art est alors offert à tous, grâce à l’universalité du bon sens. Cependant, la culture et l’étude de l’œuvre offrent une étendue de critères nettement plus vaste.


La culture offre la comparaison. Qui peut effectuer un choix sans critères ? Comment choisir entre l’art baroque et l’art roman sans visiter leurs monuments caractéristiques ?
De plus, un bon juge ne peut comparer des œuvres uniquement sur leurs apparences : entre en jeu toute la partie technique de la réalisation notamment. Ce critère comparatif n’est pas, contrairement aux autres, seul produit du bon sens mais bien d’un apprentissage particulier. De même interviennent la qualité des sens et des organes. Seule une oreille entraînée pourra saisir le « free-jazz » de Miles Davis à la fin de sa vie. Des sons pouvant sembler discordants sont en réalité le fruit de mûres réflexions.
La culture trône alors comme la gardienne d’un certain nombre d’œuvres d’art. Néanmoins, le goût pour une œuvre peut posséder plusieurs dimensions.


En effet, d’après Hume, il convient de distinguer le jugement du sentiment. Si dans l’expression « goûter une œuvre d’art » on entend « avoir du goût », cela n’implique qu’une appréciation. Le goût se décrit alors comme un sentiment, donc forcément subjectif, mais aussi fortement vrai, puisqu’il ne se base pas sur la raison mais sur un jugement de valeur strictement personnel. Dans ce cas, on peut extraire une forme de « régal des sens », constitutif d’un bonheur limité en temps. En effet, l’habitude lasse ; l’apparence évolue, change ; mais l’œuvre reste semblable à elle-même.
Pour atteindre alors le bonheur intemporel, il faut comprendre l’œuvre. Le jugement, à la différence du sentiment, nécessite une culture de la raison car un, et un seul, est vrai. A l’origine de l’œuvre se dissimule l’artiste, trop souvent oublié. L’artiste est celui qui, comme l’artisan, détourne et utilise la nature à son profit. Toute la technique nécessite, comme le dit Descartes, de « devenir comme maîtres et possesseurs de la nature ». L’emploi de « comme » appuie la notion d’effort nécessaire à la réalisation finale : la nature s’oppose à l’Homme. Si l’effort fourni a permis la réalisation de l’œuvre, celui-ci doit être perçu par celui qui la découvre. Comprendre l’œuvre au-delà de sa couche superficielle nécessite de se rendre compte du travail effectué. Ce n’est pas forcément la quantité de travail dans le sens manuel, il peut être avant tout mental. En effet, la calligraphie chinoise demande un temps d’exécution extrêmement faible par rapport à celui nécessaire à la réflexion antérieure sur le mouvement du pinceau, ou sur le choix du signe représenté. Quiconque ne perçoit pas le travail du mental ne peut s’imprégner du réel sens de l’œuvre : la raison rentre en jeu et celle-ci ne peut être acquise qu’avec de la culture.


Certes, atteindre un certain bonheur n’est pas impossible sans culture. Cependant, cette absence de connaissances limite le nombre d’œuvres connues, mais surtout leur véritable valeur. Le bonheur se trouve restreint et superficiel. Tandis que si le travail est perçu à sa juste valeur, le jugement que l’on en tire est plus objectif. Il reste plus qu’à faire abstraction des préjugés pour dégager le vrai de l’art permettant l’accès à un bonheur plus complet.


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