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Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Le Labyrinthe - souffle des temps.. Tamisier..

Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.

Vérité 2

 
I.    La tolérance à la vérité


1) Préjugés et vérité

Le cas tragique de Giordano Bruno nous enseigne un fait désagréable : certains individus ne tolèrent pas la vérité, surtout quand elle heurte de front les croyances intimes : une telle vérité blesse leur amour-propre et leur donne l’impression d’être diminués. Socrate l’avait déjà pressenti. Platon, qui reprend l’enseignement de son maître dans le livre VII de la République, nous met en garde : celui qui parvient à se libérer des chaînes de ses préjugés et à atteindre la vérité du monde réel s’expose, une fois redescendu dans la caverne, à l’obscurantisme de ses semblables, qui prennent pour vrais de simples simulacres, tiennent dur comme fer à leurs préjugés et finissent par tuer l’intrus s’il insiste (voir Bruno, Socrate…)

Il paraît impossible de ramener des preuves de cette excursion dans le monde réel (pour Platon, ce monde réel est immatériel : il se compose d’Idées). Le monde réel n’étant pas tangible, on n’a pas de preuves de son existence ! Par ailleurs, c’est justement parce qu’il essaye de libérer ses camarades des préjugés que l’explorateur prête de flanc à leur colère et à leur indignation. Il paraît donc difficile de trouver parmi ses semblables un témoin qui corrobore ses dires et qui confirme l’existence du monde réel. Le seul moyen qui reste à « l’intellectuel » consiste alors à pointer les contradictions et les incohérences dans les discours des prisonniers et de leur faire sentir que leurs « savoirs » prétendus ne tiennent pas debout. Montrer à autrui qu’il ne sait rien de valable par une série de questions destinées à percer la baudruche des connaissances s’appelle l’ironie.

Dans les meilleurs cas, l’interlocuteur constate ses incohérences, admet son ignorance, et s’avoue perplexe. Ainsi l’esclave dans le Ménon, confronté au problème du doublement de la surface d’un carré, commence-t-il par donner des réponses fausses. Celles-ci, balayées par les questions de Socrate, sont alors remplacées par la réponse correcte. Socrate par ses questions aide l’esclave ignorant à accoucher d’une vérité qu’il portait à son insu (méthode « maïeutique »).

Derrière l’ignorance se cache la connaissance comme derrière les prisonniers se cache le monde réel. Derrière les préjugés se cache la vérité. Derrière l’instruction dont on nous farcit le crâne se cache le bon sens. La Caverne, ça se passe dans nos têtes.

Suite du cours sur la vérité.

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