Souffle et épée des temps ; archange ; prophéte : samouraï en empereur : récit en genre et en nombre de soldats divin face à face avec leur histoire gagnant des points de vie ou visite dans des lieux saint par et avec l'art ... soit l'emblème nouvau de jésuraléme.
31 Janvier 2008
Peut-on connaître ce dont on n’a pas l’expérience ?
La vérité n’est-elle qu’une question de point de vue ?
Texte de Gaston Bachelard :
La science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit.
Questions :
1) Autour de quelle opposition le texte est-il bâti ? Mettez en évidence le mouvement de la pensée de l’auteur en indiquant les articulations logiques de l’extrait.
2) Que veut dire l’auteur quand il parle de « sens du problème » ?
3) Expliquez la phrase : « En désignant les objets par leur utilité, [l’opinion] s’interdit de les connaître. ».
4) Vous traiterez la question suivante sous forme d'un développement ordonné et argumenté : la marche de la science est-elle toujours destructrice de l’opinion ?
Peut-on dire que le vrai est ce qui réussit ?
La liberté peut-elle se définir comme l'obéissance à la raison ?
Texte d'Alain :
Penser n'est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et ceux-là même qui semblent débarrassés de toute religion, cherchent dans les sciences quelque chose qu'ils puissent croire. Il s'accorchent aux idées avec une espèce de fureur ; et si quelqu'un veut les leur enlever, ils sont prêts à mordre [...]. Lorsque l'on croit, l'estomac s'en mêle et tout le corps est raidi ; le croyant est comme le lierre sur l'arbre. Penser, c'est tout à fait autre chose. On pourrait dire : penser, c'est inventer sans croire. Imaginez un [...] physicien, qui a observé longtemps les corps gazeux, les a chauffés, refroidis, comprimés, raréfiés. il en vient à concevoir que les gaz sont faits de milliers de projectiles très petits qui sont lancés vivement dans toutes les directions et viennent bombarder les parois du récipient. Là-dessus, le voilà qui définit, qui calcule ; le voilà qui démonte et remonte son "gaz parfait" comme un horloger ferait pour une montre. Eh bien, je ne crois pas du tout que cet homme ressemble à un chasseur qui guette une proie. Je le vois souriant, et jouant avec sa théorie, je le vois travaillant sans fièvre et recevant les objections comme des amies ; tout prêt à changer ses définitions si l'expérience ne les vérifie pas, et cela très simplement, sans gestes de mélodrame. Si vous lui demandez : "Croyez-vous que les gaz soient ainsi ?" il répondra : "Je ne crois pas qu'ils soient ainsi, je pense qu'ils sont ainsi."
Questions :
1) Autour de quelle opposition le texte est-il bâti ? Mettez en évidence le mouvement de la pensée de l'auteur en indiquant les articulations logiques de l'extrait.
2) Expliquez l'expression : "le croyant est comme le lierre sur l'arbre".
3) Expliquez l'expression : "penser, c'est inventer sans croire".
4) Vous traiterez la question suivante sous forme d'un développement ordonné et argumenté : en quoi le travail du scientifique peut-il s'apparenter à un jeu théorique ?