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Jeudi 31 janvier 2008

2) Monde des Idées (eidos), monde sensible

L’esclave de Ménon découvre la solution par un raisonnement mathématique.


Valeur des mathématiques chez Platon

Contre le sophiste Gorgias, qui soutient : « l’Homme est la mesure de toute chose », Socrate répond que cette phrase signifie que l’Homme possède la faculté de mesurer les objets, c’est-à-dire d’utiliser les quatre opérations mathématiques fondamentales : > < = et # . La phrase de Gorgias est donc doublement fausse puisque tout individu humain exécute ces quatre opérations, elles ne dépendent pas des points de vue subjectifs. Aussi l’homme n’est-il pas la mesure des mathématiques ; d’autre part, puisque ce sont par ces quatre opérations que nous mesurons, alors la mesure de toute chose, c’est les maths. Les mathématiques nous ouvrent la voie vers la vérité. Platon fera graver au fronton de l’Académie (son école) : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre. »


Les vérités mathématiques, ainsi « 2 + 2 = 4 », présentent la propriété d’être vraie pour tous et, autant que nous puissions en juger, pour tous les temps. La vérité est universelle et éternelle. Elle ne change pas ; elle reste la même, fixe, immuable.

Elle s’oppose donc frontalement au changement et plus particulièrement aux apparences : la couleur des objets varie en fonction de l’éclairage au cours de la journée. Mieux encore : on peut couper la branche d’un arbre sans altérer sa nature ; on peut restaurer le bateau de Thésée : quelque chose demeure, subsiste, de bateau d’origine. Ce qui subsiste, la substance du bateau de Thésée, ne tient donc pas aux planches particulières qui composent le bateau, mais bien à la manière dont les planches s’organisent les unes par rapport aux autres. De la même manière, ce qui fait qu’une charrette est vraiment, réellement, une charrette et non un simple tas de bois, c’est sa forme. La réalité, la vérité, doivent donc être considérées comme immatérielles.

La collection, l’ensemble des vérités, forme le monde intelligible, le monde des Idées, qui s’oppose au monde sensible. Les propriétés des deux mondes s’opposent deux à deux : le monde intelligible est immatériel, réel et vrai, immuable, éternel ; au contraire le monde sensible est matériel, illusoire, mobile, transitoire (éphémère). Si nous prenons cette théorie au sérieux, alors du fait même qu’il est éternel, le monde intelligible a précédé chronologiquement le monde sensible, créé à un moment du passé par un démiurge (potier).

Suite du cours sur la vérité.
par Jérôme Coudurier-Abaléa publié dans : Terminales STL PLPI 2007-2008
 
 
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